Renégociation UNEDIC : circulez, y’a rien à voir !

Faut-il vraiment se réjouir de ce que les partenaires sociaux soient parvenus à conclure un accord sur l’avenir du régime d’assurance-chômage ? C'est le sujet d'une chronique que j'ai écrite pour le journal Alternatives Economiques et que je reproduis ci-après. Pour une analyse plus détaillée de l'accord, vous pouvez également consulter ce billet diffusé il y a quelque temps.

Faut-il vraiment se réjouir de ce que les partenaires sociaux soient parvenus à conclure un accord sur l’avenir du régime d’assurance-chômage ? Cet accord n’impressionne que par sa mise en scène théâtrale, dont les didascalies ont reposé sur une dramatisation des enjeux : des portes qui claquent, des négociations prolongées jusqu’à une heure avancée de la nuit… Tout cela pour souligner à quel point nos acteurs sociaux sont soucieux du sort des demandeurs d’emploi.

Qu’il nous soit permis d’en douter parfois ! Car les comptes n’y sont pas. Même l’objectif comptable de réduire le déficit de l’Unedic en 2008 ne sera pas forcément atteint, tant il repose sur des hypothèses fragiles en termes de croissance. L’économie attendue de 2,4 milliards d’euros sur trois ans apparaît de ce point de vue dérisoire et tendrait presque à accréditer l’idée qu’une partie du déficit allait pouvoir se résorber naturellement. C’est du reste le bruit qui circule du côté des experts de l’Unedic.

Alors pourquoi avoir monté en épingle ce déficit, tout en inscrivant cette négociation dans un cadre on ne peut plus traditionnel ? Pour éviter les sujets qui fâchent – faiblesse du taux de couverture des chômeurs, système socialement peu redistributif – et sauver ainsi le paritarisme. C’est ce qu’on a pu lire sous la plume de la plupart des organisations syndicales signataires de l’accord. Plus que le contenu de celui-ci, c’est le souhait d’éviter toute ingérence de l’Etat dans les affaires de l’Unedic qui a conduit à la conclusion de cet accord à minima. Mais ce n’est pas ainsi que l’on parviendra à redonner une légitimité à la gestion paritaire du système d’assurance-chômage. Le paritarisme doit avoir d’autres fins que lui-même.

Voilà pourquoi il est urgent d’engager l’Unedic dans la voie des réformes structurelles, en intégrant l’Etat dans cette restructuration, puisqu’il est un des acteurs du système d’indemnisation des chômeurs. Rappelons que toute restriction des droits à indemnisation versés par l’Unedic tend à se répercuter sur les comptes de l’Etat et des collectivités, puisqu’ils financent le RMI et l’ASS. L’accord qui vient d’être conclu, en réduisant la durée d’indemnisation de certains chômeurs, s’inscrit dans cette logique. Il est temps d’en sortir, par une négociation tripartite Etat-patronat-syndicats œuvrant à une régulation socialement responsable du risque chômage.

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