Nous publions sur notre blog, et à la demande Dominique Méda, le rapport “contrat première chance”, qu’elle a rédigé pour Ségolène Royal. Quoi que l’on pense sur le fond de cette proposition, ce rapport a le mérite de pointer les dérives de notre actuelle politique de l’emploi, notamment en direction des jeunes sans qualification, une situation que notre société ne doit plus tolérer.
C’est un fait, notre politique d’emploi ne parvient pas à favoriser le retour à la vie active des jeunes sans qualification. Plusieurs raisons à cela : les mesures aidées passent à côté de leur cible, le contenu en formation des mesures destinées aux jeunes est de plus en plus faible depuis une dizaine d’années. Or il n’y a pas meilleure garantie d’une insertion durable sur le marché du travail que celle qui repose sur la formation professionnelle y compris lorsque celle-ci se déroule en partie dans l’entreprise. Autre faille : les conditions d’utilisation par les entreprises de ces contrats aidés ne sont pas contrôlées et donnent lieu à de nombreux effets d’aubaine notamment lorsque ce sont les grandes entreprises qui y recourent. Comment renforcer le contrôle des salariés et de leurs représentants sur l’usage de ces dispositifs ? Sur l’ensemble de ces points le contrat première chance entend revenir pour, à terme, aller vers une remise à plat de l’ensemble des mesures pour l’emploi.
Ce rapport dont la diffusion intervient à seulement quelques jours du premier tour des élections présidentielles a suscité de nombreuses réactions et demandes d’éclaircissement notamment du côté des organisations syndicales. Il a été produit dans des conditions qui ne pouvaient guère susciter l’ouverture d’un débat constructif sur le sujet. Car une fois encore les partenaires sociaux sont restés à l’écart de ces réflexions. Espérons néanmoins que ce rapport ne sera pas trop vite enterré et que d’un débat collectif dépassionné émergera une refonte des politiques d’emploi notamment pour les jeunes dépourvus de toute qualification.
C’est en cliquant ici que vous pourrez donc prendre connaissance de cette proposition (document Word à télécharger) et contribuer ainsi à relancer le débat.
“Combien de créations d’emplois dues au contrat nouvelles embauches (CNE) ? Répondre à la question éclaire les réussites en matière d’emploi du gouvernement actuel. Ce qui n’est pas inutile quand même la mesure du taux de chômage est aujourd’hui remise en question. Début 2006, le gouvernement annonçait plus de 90 000 emplois créés avec le CNE. Moins ambitieuse, l’étude de deux universitaires (P. Cahuc et S. Carcillo) évoquait en février 2006 environ 80 000 créations d’emplois à un horizon de quatre ans. S’appuyant sur une étude du service statistique du ministère de l’Emploi, Les Échos ont affiché 44 000 créations pour le CNE fin mars 2006. Le ministre de l’Emploi évoque lors de sa conférence de presse du 20 février 2007 de 80 000 à 240 000 créations d’emplois à la fin 2006. Nous pensons quant à nous que l’effet net sur l’emploi du CNE est au maximum de 35 000 emplois à la même date, et qu’il n’en créera pas en 2007.”